Je suis la conjointe d’un militaire

J’ai marié mon mari peu de temps après la parution des films à succès Top Gun et An Officer and a Gentlemen.

Je me suis souvent demandée, depuis lors, pourquoi n’y a‑t‑il pas eu de recours collectifs contre Tom Cruise ou Richard Gere à cause des répercussions de ces films sur le cœur des femmes de ma génération, des femmes qui, comme moi, sont rapidement entrées en relation avec ces hommes en uniforme dans l’espoir de trouver l’exaltation, la romance et l’aventure, complètement ignorantes de leur vie prochaine.

Étant la conjointe d’un militaire, j’ai déménagé seize fois, vécu dans quatre pays sur deux continents, dans trois états, trois provinces, dans cinq fuseaux horaires différents et j’ai appris trois langues (ou plus si vous calculez les dialectes).

À chaque déménagement, je passais des heures et des jours au téléphone à obtenir de nouvelles assurances pour la maison et l’auto, à ouvrir des comptes bancaires, à faire installer le câble et les services publics. Je me mettais ensuite à la recherche des écoles, médecins, dentistes, optométristes, coiffeurs… Et pendant tout ce temps, je devais m’adapter à notre nouvel environnement et aux commodités offertes.

J’ai souvent été sans emploi, sous-employée et inemployable… Et quand j’ai été suffisamment chanceuse pour me dénicher un emploi, j’ai travaillé dans des domaines complètement différents.

Pendant tous ces changements auxquels nous avons été confrontés, trois beaux enfants sont venus faire partie de notre vie. Soudainement, je suis devenue maman et papa en même temps! Vous voyez, à titre de conjointe d’un militaire, on ne peut s’attendre à ce que notre partenaire soit dans les alentours, jamais. Nous apprenons rapidement à faire des plans en prévoyant que l’autre parent travaillera tard, partira en déploiement ou en service temporaire (ST) quelque part ailleurs. Nous apprenons à réparer nous-mêmes des choses comme les appareils ménagers, l’auto, l’ordinateur et les jouets. You Tube et Google deviennent vos meilleurs amis.

Il existe une règle empirique au sein des familles des militaires : ce qui doit mal aller quand le conjoint est parti ira mal. Nous ne vivions en Allemagne que depuis trois mois que mon mari est parti à son premier ST en Italie, et que mon deuxième enfant, un bébé à ce moment là, a subi une grave commotion et que nous nous sommes retrouvés dans un hôpital allemand pendant trois jours. J’étais soudainement confrontée à une situation grave, seule et incapable de parler la langue à un moment extrêmement critique. Heureusement, tout s’est bien terminé grâce à l’aide d’amis précieux, notre famille militaire, que nous avons appris à garder dans nos cœurs.

Pour répondre à ma réflexion du début, j’ai toute l’exaltation, la romance et l’aventure que peut souhaiter une femme. Il n’y a rien de plus exaltant que de voir vos enfants réussir, chaque fois, dans un nouvel environnement. Il n’y a rien de plus romantique que la multitude de sacrifices faits par notre famille pour l’amour de notre pays. Et les aventures que nous avons vécues pendant nos déplacements ont été sans limites.